L’hypnose en hémodialyse

Dr Vincent Bourquin le 29 décembre 2009

Le piquage de la fistule artério-veineuse peut engendrer une certaine crainte de venir en dialyse. Pour certains patients, cela peut tourner à la phobie avec une angoisse très importante avant chaque séance.

Le traitement local par Emla® peut aider, ainsi que la prise d’un médicament relaxant type benzodiazépine (temesta®, xanax®, lexotanil®) avant la séance.

Une technique, pour moi ésotérique, nous a été proposé l’autre jour: « Avez-vous essayé l’hypnose? » Je me suis dit que l’idée valait la peine d’être approfondie.

J’ai un peu cherché sur internet avec les termes «hypnose» et «dialyse» et je n’ai franchement rien trouvé. Je suis tombé par hasard, en achetant mon journal, sur la revue Reflex publié par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) qui titrait « L’hypnose s’installe à l’hôpital. » Je vous en livre les grandes lignes.

On me rassure tout de suite, en précisant que l’hypnose n’a rien d’ésotérique, ni de mystificateur!

Elle est un outil thérapeutique et de plus en plus de médecins l’utilisent pour aider leurs patients à affronter des phobies, à se libérer d’une dépendance, à traiter des troubles sexuels ou une allergie.

Elle est également utilisée pour soulager la douleur. Une étude menée au centre des grands brûlés du CHUV montre qu’en complément aux traitements traditionnels, l’hypnose diminue l’intensité de la douleur, augmente l’efficacité d’un traitement de morphine, diminue l’anxiété, améliore la cicatrisation et réduit les coûts.

L’hypnose va conduire le patient dans un état dit « de transe » ou « de conscience modifiée ». Il y a un gain de contrôle avec une meilleure maîtrise des sensations. Des études sur l’effet de l’hypnose sur le cerveau s’effectuent à l’université de Genève au Laboratoire de neurologie et d’imagerie cognitive (LabNIC).

Il faut s’assurer avant de pratiquer l’hypnose que le patient n’a pas de contre- indications psychiatriques (dépression suicidaire, schizophrénie).

L’approche semble intéressante et certains de nos patients pourraient en bénéficier. Il reste à trouver un hypnotiseur (terme officiel?) ou à se former soi-même par l’intermédiaire de l’Institut Romand d’Hypnose Suisse (IRHYS). 

Vincent Bourquin

Source: Cet article est paru le 29 décembre 2009 sur http://nephroblog.org

Publié par Dr Vincent Bourquin

2 commentaires

  1. Salam je suis très intéressé par votre documents hypnose en dialyse et j’aimerai SVP avoir des articles. Je en fin de formation en hypnose.je suis responsable d’un centre d’hemodialyse au Maroc.Merci infiniment. Dr KOULLOU SAÏD

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    1. Pascale Lefuel

      Je vous ai adressé une réponse personnelle sur votre e-mail.
      Cordialement

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