Alvine, infirmière en néphrologie

Aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) les patients souffrant d’insuffisance rénale sont le plus souvent admis dans l’unité 6 CL quand leur situation de santé impose une hospitalisation.

 

Photo HUG

Une partie de l’équipe soignante du 6 CL. Photo HUG

C’est une unité qui comprend 18 lits dont plus de la moitié sont réservés aux patients en Insuffisance rénale, qu’ils soient dialysés ou pas. Alvine est infirmière dans cette unité qui se trouve au 6ème étage des HUG. Plutôt que de raconter l’activité de l’unité, j’ai préféré faire une interview d’une infirmière. Voici notre conversation :

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Alvine, infirmière au 6CL  (Photo HUG)

Bernadette G : Bonjour Alvine, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Où as-tu effectué tes études d’infirmière et depuis combien de temps travailles-tu au 6CL ?

Alvine : J’ai fait mes études à l’HEDS Genève, mon diplôme d’infirmière date de 2004. Quand je suis rentrée aux HUG, j’avais le choix entre plusieurs postes, j’ai choisi la Néphrologie.

BG : Combien de personnes travaillent dans ton service?

Alvine : L’infirmière responsable d’unité, Me Nadia Presset gère une équipe de 20 infirmières et 4 aides soignantes diplômées. Il y a un médecin chef de clinique et 2 médecins internes. Un néphrologue cadre supervise et fait une visite par semaine. Il est en contact avec les médecins du 6CL, à chaque nouvelle entrée. Les autres intervenants sont un physiothérapeute, une  assistante sociale, une diététicienne et l’infirmière spécialiste clinique en néphrologie.

BG : Tu fais partie des « anciennes » du service. Tu es une « PF » (praticien formateur) donc une référence pour les jeunes professionnelles. L’apprentissage de la prise en charge des patients de Néphrologie est-il difficile ? Qu’apprends-tu aux infirmières qui débutent ? Qu’est-ce que tu espères qu’elles retiennent d’indispensable ?

Alvine : La difficulté réside surtout sur la chronicité et elle est alourdit par des pathologies associées presque toujours présentes. J’ai en charge environ 5 à 10 patients par jour. Aux nouvelles infirmières, j’essaie de les faire réfléchir aux objectifs et au sens de chaque soin. Identifier le rôle du rein dans l’organisme, développer les connaissances en néphrologie est primordial.  Je leur apprends à reconnaitre les signes de surcharge volumique (poids, dyspnée, œdèmes, HTA) Les infirmières doivent connaitre les bases de la diététique (le sel, les aliments contenant du Potassium, la dénutrition)

Pour les patients en hémodialyse, j’enseigne la surveillance de la fistule ou du cathéter. Pour les patients en dialyse péritonéale, je leur montre les manipulations, l’importance du lavage des mains et la surveillance du cathéter péritonéal.

Je vérifie que les nouvelles infirmières retiennent qu’elles doivent connaître la diurèse de chaque patient, sinon on ne peut pas adapter le volume des boissons permis par jour.

BG : Il t’est sûrement arrivé souvent d’accompagner un patient à qui les néphrologues ont annoncé qu’il devrait commencer la dialyse. Comment as-tu gérer cette situation ?

Alvine : Si le patient ne s’y attendait pas, il y a le « choc de l’annonce » je m’adapte au patient, je réponds aux questions. Je valide leur ressenti et leurs émotions. Il faut aussi rassurer la famille. Je m’organise pour prendre un peu de temps avec eux.

BG : Quelle est la situation la plus difficile pour une infirmière du 6CL?

Alvine : Plus les patients sont âgés, plus les débuts en dialyse sont difficiles. Les patients souffrent avec leurs accès vasculaires, il y a un mal être important. Il est aussi difficile de leur apprendre à diminuer le volume de leurs boissons.

BG : Ressens-tu la reconnaissance de tes compétences ?

Cette reconnaissance donne un sens à ma pratique professionnelle. Pour les patients, je crois être rassurante, car je les connais assez bien pour la plupart. Pour les collègues, je pense être une ressource à laquelle elles peuvent se référer. Il semble que je les aide de mon mieux. Les néphrologues aussi me connaissent bien et j’espère qu’ils sont satisfaits de  ma collaboration.

BG : Comment te vois-tu professionnellement parlant, dans l’avenir ?

Alvine : Pour le moment, je pense rester encore un peu à ce poste qui me plait beaucoup. A plus long terme j’entreprendrai peut-être un nouvel apprentissage. Mon expérience en néphrologie me servira toujours.

Propos recueillis le 16 avril 2015 au 6CL, HUG

Dans le bureau infirmier. Photo HUG

Dans le bureau infirmier. Photo HUG

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Publié par Bernadette Gombert

3 commentaires

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    Anne Sexton Dobby 5 mai 2015 à 7 h 48 min

    Bernadette , bravo et merci pour tous ces articles Anne

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    Ponard Ravanel Dominique 14 mai 2015 à 15 h 47 min

    bonjour j ai beaucoup de chance de lire les articles de Bernadette, ainsi avoir des nouvelles d Ariane m a fait extremement plaisir et l article sur le C6 aussi, cela me relie un peu plus a vous meme si mes pensées vont régulierement vers vous . Dominique Ponard

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      Bonjour Dominique, tant mieux si les articles te font plaisir. En tant que diététicienne spécialisée en néphrologie, j’imagine que tu lis ceux qui concernent la diététique avec « le regard professionnel » que tu n’as sûrement pas perdu avec la retraite. Toute notre équipe de dialyse de Genève est aussi ravie qu’Ariane aille aussi bien grâce au don de son mari et à sa compliance exemplaire à son traitement. J’espère qu’elle va lire ton commentaire, elle se souvient sûrement très bien de toi.
      Amicalement
      Bernadette

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