J’irai dialyser en Nouvelle Zélande !

Pascale Lefuel Pascale Lefuel le 19 juillet 2019

Nicolas MENETRIER, Infirmier en dialyse aux HUG, nous raconte sa visite du centre de dialyse de l’hôpital de Waikato à HAMILTON.

Je suis reçu par Mme Kathryn EGGLETON, infirmière spécialiste clinique. Elle m’accueille au centre du rein, un bâtiment situé à 100m de l’hôpital général. Le bâtiment offre beaucoup d’espaces et de nombreuses salles de cours dévolues à la dialyse.

Je rencontre des infirmières en séance d’éducation thérapeutique auprès de leurs patients en dialyse péritonéale, ainsi que des patients se formant à l’hémodialyse à domicile.

J’arrive ensuite à l’espace dédié à l’hémodialyse. Le centre est spacieux. Les postes sont nombreux. Les sièges sont confortables et espacés, les machines utilisées sont des Frésénius 5008. Les générateurs F 4008 sont réservées la formation de l’HD à domicile. Ce centre gère environ 120 patients hémodialysés par semaine.

centre de dialyse de Waikato

Il est 13h30, les patients arrivent et commencent pour certains à monter leurs machines eux-mêmes, d’autres sont déjà en séance, certains lisent, écoutent de la musique. Je rencontre John un grand maori qui joue de la guitare. L’ambiance est décontractée, je sens de la proximité entre soignants et patients. Le « you » anglais coupe court à toute notion de tutoiement ou vouvoiement. Les soignants interpellent les patients par leur prénom, l’ambiance est chaleureuse.

Je continue ma visite avec la rencontre des techniciens, ils sont 3 pour un parc de 400 machines (c’est énorme) et c’est à ce moment-là que je réalise le nombre de dialyse a domicile. Ici les distances séparant le centre de dialyse du domicile se comptent en heures.

Il y a environ 300 machines de dialyses et 300 osmoseurs dont il faut assurer le suivi.

Dans ce centre la majorité des patients dialysent 3 fois par semaine, les séances se déroulent sur des périodes allant de 4h30 à 5h.

Puis Mme EGGLETON m’emmène visiter l’unité de dialyse hospitalière. Cette dernière est dédiée aux patients présentant des problèmes aigues. Les locaux sont modernes, l’accueil toujours chaleureux.

Je reste en retrait mais je suscite de la curiosité « que fait un infirmier suisse ici ? »

Je leur explique mon projet de peut-être venir travailler un temps en nouvelle Zélande, je discute une dizaine de minutes avec une dame âgée, je sens mon rôle d’infirmier revenir. Elle est touchante.

Je la remercie de notre court échange et prend congé.  

Pour la partie historique

cartographie de la nouvelle zélande

Cartographie de la Nouvelle Zélande

1ères dialyses à domicile expérimentées à Auckland en 1968, Christchurch en 1969 et Wellington en 1975.

Les entrainements se font sur 8 à 12 semaines.

En 1968, Waikato est le premier centre de dialyse à prendre en charge les dialyses à domicile, avec tout le suivi nécessaire. Leur grande expérience en matière d’hémodialyse à domicile n’est plus à démontrer.

Dès 1967, Le Dr John MEADE évoque la complexité et le coût de traiter les patients en milieu hospitalier, l’étendue géographique et l’accessibilité des centres sont également des arguments en faveur de cette méthode de traitement.

 

Nicolas MENETRIER

photo de nicolas Menetrier

Pascale Lefuel

Publié par Pascale Lefuel

Infirmière spécialiste clinique de néphrologie.

2 commentaires

  1. Avatar

    MERCI BEAUCOUP Nicolas pour ce partage!
    Il est toujours intéressant de découvrir comment les soins se déroulent au delà de nos frontières. L’implication du patient dans la gestion de sa dialyse et dans son environnement quotidien favorise probablement une meilleure adhésion thérapeutique. J’espère un jour participer et aider les patients qui le désirent à adopter cette pratique, car il me semble que tout le monde y trouverait son compte, le patient avant tout, le personnel médico-soignant et les personnes aidantes.

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  2. Avatar

    Bonjour, Si Nicolas s’expatrie, ce serait intéressant de creuser la question de la dialyse à domicile en Nouvelle-Zélande : conditions de dialyse (DP ? DPCA ? HD ?), le vécu des patients et des aidants, le suivi médical etc… Merci pour ce retour d’expérience qui nous ouvre les yeux sur une autre réalité.

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