Le don altruiste

Pascale Lefuel le 30 juillet 2021

Certains organes peuvent être donnés de son vivant. En Suisse, la transplantation de reins et d’une partie du foie prélevés sur des personnes vivantes est possible.

Dans le cas de dons de son vivant, la distinction est faite entre les dons dirigés et les dons non dirigés (ou altruistes). Dans le cas du don dirigé, le donneur consent à faire don d’un rein ou d’une partie de son foie à un receveur précis. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un don au sein du cercle familial (entre parents, frères et sœurs, conjoints) ou du cercle d’amis. Dans ce cas, le donneur connaît la personne à laquelle son organe sera attribué.

Dans le cas d’un don non dirigé, le donneur décide par altruisme de faire don d’un rein à une personne qu’il ne connaît pas. Le donneur et le receveur restent anonymes et l’organe est attribué selon la même procédure que pour un donneur décédé.

schéma silhouettes bicolore avec rein grefféChaque année, il y a en Suisse près de 110 donneurs vivants. La loi sur la transplantation fixe les conditions des transplantations et permet de garantir que des organes et des tissus peuvent être transplantés en toute sécurité.

Pour pouvoir faire un don de son vivant, le donneur doit se soumettre au préalable à des examens médicaux et psychologiques précis. Sur le plan médical, le fonctionnement des reins et des autres organes est soigneusement contrôlé et des analyses de sang ciblées sont prescrites. L’examen psychologique vise à vérifier la motivation de la personne à faire don de son organe ainsi que son libre arbitre. Le don d’organes par une personne vivante ne pourra être envisagé que si toutes ces conditions sont remplies.
Si une personne décide de faire un don d’organe en Suisse, toutes les dépenses en relation avec le don sont prises en charge par l’assurance du receveur.

 Témoignage de M. B. Donneur altruiste

Et si je donnais l’un de mes reins 

“Cette décision, qui n’est peut-être pas évidente pour tous, découle assurément d’un état d’esprit, de l’éducation et/ou de son propre parcours de vie. Elle est aussi liée à la chance d’être en bonne santé, et personnellement, n’ayant quasiment jamais été vraiment malade, ces années de bien être m’ont semblé mériter d’en partager la chance. Puis, ce geste objectivement bien banal, mais encore tristement trop rare, se pratique avec succès depuis les années 1950. En donnant régulièrement mon sang depuis l’âge de 20 ans, ce geste si simple nous rend inévitablement curieux du monde médical, de ses projets et fantastiques avancées. Alors pourquoi pas, le don d’organes ? Le rein, la transplantation cardiaque (1967) et combien d’autres miracles de la science médicale !

C’est la lecture d’un mémoire de maturité qui m’a intéressé. Ce document venait d’être rédigé par une étudiante de 18 ans, sans connaissance particulière, mais passionnée et qui a su frapper aux bonnes portes. Elle s’est par ailleurs bien documentée et une néphrologue des HUG a su prendre le temps de la recevoir, de la renseigner et lui a permis de rendre accessible, intéressante, maîtrisée et abordable la transplantation rénale.

Ce document déclencheur m’a immédiatement convaincu de proposer l’un mes reins anonymement à l’un des 1450 receveurs en attente, ayant par ailleurs compris combien le cycle des dialysés devait être pesant pour ces patients. Mes premières démarches téléphoniques, relativement fastidieuses entre Berne et Genève, me donnaient l’impression d’un extraterrestre en recherche d’arrimage. Mais, j’ai tout de même finalement été aimablement convoqué et fort bien reçu, en néphrologie à Genève, où toute la préparation s’est alors déroulée d’une manière concise, efficace et aucunement gênante en regard  du temps et des moments à consacrer aux examens.

La finalité s’est exécutée en une opération de 4 heures et 2 jours d’hôpital. Un réveil sans douleurs, si ce n’est les quelques gênes résultantes de l’anesthésie. Puis la rapide reprise de mes activités quotidiennes courantes, sans aucune autre conséquence, que le bonheur d’avoir appris que l’objet cédé avait bien pris !

Merci et bravo à toutes et tous qui, aux HUG, ont œuvré à cette démarche, en la rendant si facile pour les donneurs.
Merci d’avoir rendu, pour le patient que j’ai été, l’acte aussi simple, rapide et sans douleurs, pour cette intervention que j’assimile à du grand art pour ses exécutants. Que de personnes impliquées : aux labos, à l’administratif et coordination, en examens et rapports. Et le tout, avec simplicité, ponctualité.

Que l’on se le dise, tout est fort organisé pour être simple et…  si utile.”

Vous souhaitez devenir donneur vivant ? Dans ce cas, nous vous invitons à contacter le centre de transplantation le plus proche de chez vous pour obtenir davantage de précisions.
Brochure suisse pour les donneurs vivants

Publié par Pascale Lefuel

Infirmière spécialiste clinique de néphrologie.

Un commentaire

  1. Tachin-Magnouloux 8 août 2021 à 11 h 30 min

    Merci d’avoir partager ce magnifique et touchant témoignage. Il montre bien le parcours et l’accompagnement d’un donneur d’organe.
    Le don d’organe altruiste donne tout son sens à prendre soin des des autres.

    Répondre

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *